Transformer les déchets en ressources : un projet M&C lauréat

Cette reconnaissance valorise une initiative de réemploi d’équipements sanitaires menée depuis septembre 2024 dans le cadre de l’ERBM (Engagement pour le Renouveau du Bassin Minier), au sein de la cité 10 de Béthune à Sains-en-Gohelle.

Cette opération s’achèvera en septembre 2027 et concerne 153 logements en réhabilitation lourde. Elle vise à conjuguer rénovation énergétique et amélioration du cadre de vie, avec une ambition claire : moderniser des logements historiques tout en réduisant leur impact environnemental.

Pourquoi ce projet de réemploi ?

Dans un contexte de tension croissante sur les ressources et de nécessaire réduction de l’empreinte environnementale du secteur du bâtiment, Maisons & Cités fait le choix d’intégrer les principes de l’économie circulaire au cœur de ses opérations.

💬 Parole d’expert – Franck Mac Farlane, responsable recherche et expertise chez Maisons & Cités

« Dans le contexte actuel d’extraction massive des ressources naturelles, leur raréfaction parfois dans des conditions d’exploitation difficiles, le réemploi s’impose comme une solution concrète. Il permet à la fois de limiter le recours à des matières premières neuves et de réduire la production de déchets complexes à traiter. »

Cette démarche vise à :

  • Réduire les déchets de chantier,
  • Limiter le recours à des ressources neuves,
  • Optimiser l’usage des matériaux existants.

Elle s’inscrit pleinement dans la stratégie environnementale du Groupe et dans les ambitions du programme ERBM, engagé dans la transformation durable des cités minières.

Une démarche structurée et chiffrée

Le projet de réemploi s’appuie sur une organisation rigoureuse et des objectifs clairement définis.

💬 Parole d’experte – Émilie Fiquet, chargée d’expertise pour M&C

« Ce projet a permis de structurer une démarche de réemploi à l’échelle d’un chantier, avec des objectifs ambitieux et des résultats déjà mesurables. Il démontre qu’il est possible de concilier performance environnementale, exigence organisationnelle et acceptabilité auprès des locataires. »

Le projet porte sur le réemploi d’équipements sanitaires directement issus du chantier, soit un potentiel de :

  • 306 équipements identifiés (WC, réservoirs, lavabos, colonnes)
  • Un objectif de réemploi entre 40 % et 60 %, pouvant atteindre 80 % selon les équipements
  • Environ 10 tonnes de matériaux réemployés
  • Le curage d’environ 50 logements tous les 6 mois
  • Une durée totale d’opération de 24 mois

💬 Retour d’expérience – Pierre Slomianowski, ancien chargé d’opération sur ce projet

« Lors de la première phase de six mois, portant sur 18 logements, le projet a permis la dépose de 32 équipements, représentant environ une tonne de matériaux. Ces premiers résultats confirment la pertinence et le potentiel de la démarche engagée. »

Quelles actions concrètes sur le terrain ?

Le réemploi s’appuie sur un protocole rigoureux :

  • Identification des équipements réemployables dans chaque logement,
  • Marquage des éléments à conserver via un code couleur,
  • Dépose soignée par les équipes et le prestataire spécialisé,
  • Transfert vers une plateforme pour nettoyage et reconditionnement,
  • Remise en œuvre dans les logements après réhabilitation.

Des tests préalables ont permis de confirmer l’absence d’amiante, garantissant ainsi la sécurité des interventions et la fluidité des opérations.

Un projet collectif soutenu par Écominero

Le projet bénéficie du soutien d’Écominero, qui accompagne les différentes étapes : logistique, dépose, reconditionnement et remise en œuvre.

Au-delà de cet appui opérationnel, ce partenariat permet de capitaliser sur des retours d’expérience précieux, notamment sur l’acceptabilité du réemploi par les locataires et les conditions de déploiement à plus grande échelle.

Un projet pilote pour les futurs chantiers

Cette initiative constitue un véritable projet pilote, en testant à grande échelle des solutions de réemploi directement intégrées aux opérations de réhabilitation.

Si certains ajustements restent nécessaires, les premiers enseignements sont déjà structurants. Ils permettent de fiabiliser les méthodes, consolider une filière dédiée et d’envisager un déploiement à plus grande échelle.

Cet appel à projets a par ailleurs constitué une opportunité majeure à plusieurs niveaux pour Maisons & Cités.

Il a d’abord permis de déployer une démarche de réemploi à grande échelle et de contribuer à structurer et dynamiser la filière, avec l’émergence de nouveaux acteurs proposant des procédés de reconditionnement performants. Des visites de plateformes de réemploi seront prochainement organisées afin de faire découvrir ces solutions aux équipes.

Enfin, le projet a permis d’intégrer pleinement le sujet du réemploi dans les réflexions liées au renouvellement de l’accord-cadre à bons de commande relatif aux réhabilitations. Dans cette perspective de massification, l’objectif poursuivi par l’appel à projets apparaît en voie d’être atteint.

À travers ce projet, Maisons & Cités confirme sa capacité à transformer ses opérations en véritables leviers d’innovation durable, au service d’un habitat plus responsable.